Juin 2017 - N° 317

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Editorial (par Yvon Charles)

«Le clou de la fête...» était-il révélateur des caractères ?

C’était il y a bien des années, lors d’une kermesse des écoles...
Comme toujours, les bénévoles se dévouaient avec bonne humeur, et rivalisaient afin d’apporter au budget très serré en ces temps de disette, les quelques sous ou francs que pouvaient rapporter les ventes diverses, les loteries et autres attractions...
Parmi les stands, il en était un qui attirait les chalands...
Il est vrai que l’invitation ne péchait pas par humilité ni modestie :
«Venez voir le clou de la fête»!
Et le bonimenteur sympathique et tonitruant obtenait un réel succès.
La visite était brève, et bientôt, les «spectateurs» sortaient, affichant des mines diverses...
Il en était de réjouis, où le rire était franc et clair. Ces personnes semblaient s’être vraiment amusées...
D’autres riaient aussi, mais «un peu jaune».
D’autres cachaient mal un certain dépit, et il en était qui maugréaient, mécontentes.
Mais tous ou presque poussaient ceux qui hésitaient, à entrer à leur tour afin de contempler «le clou de la fête», et nombreux étaient ceux qui les écoutaient, cédant à la tentation...
Qu’y avait-il donc de si étonnant pour que les gens réagissent ainsi?
Qu’était donc ce «clou de la fête»?
Eh bien, tout simplement un grand clou, long et solide, planté dans une planche massive.
C’était vraiment «le clou de la fête»!
Mais l’expression, connue du plus grand nombre, était équivoque pour le moins!
D’où les réactions de ceux qui s’étaient «laissé prendre» ou qui s’étaient fourvoyés eux-mêmes!
Comme pour les moutons de Panurge, l’effet d’entraînement de foule avait eu raison de la réflexion, ou plutôt de la non-réflexion des visiteurs.
Il est vrai que l’humeur générale était à la sympathie et à l’entraide...
La somme modique versée à l’entrée (pas à la sortie!!) l’était pour une cause bonne...
Toutefois quelques remarques s’imposent:
sans s’attarder sur «le manque d’humour» de quelques grincheux ou pingres,
la propension quasi générale à entraîner d’autres dans «le piège», «les faire tomber dans le panneau» vaut d’être soulignée.
Selon l’expression consacrée, «Ils avaient été eus!» et voulaient que d’autres connaissent la même mésaventure!
Étonnant trait de l’âme humaine!
Mais les réactions si diverses soulignaient également les différences de caractères et d’états d’âme...
Telle une fable de La Fontaine ou une parabole de tous les temps, «le test» mettait en lumière la diversité des comportements humains.
Y avait-il tromperie? Voire escroquerie?
Certes non,
tout d’abord c’était bien un clou, et un beau clou : le plus beau de la fête!
Et n’était-ce pas une farce... ou de l’humour bon enfant?
Les bénévoles qui donnaient de leur temps et de leurs talents n’avaient qu’un but: apporter un peu de joie, d’amusement à tous,
et gagner un peu d’argent pour les écoles!
Sympathiques bénévoles, qui à toutes les époques permettent de réaliser ce qui sans eux n’existerait pas!
Cependant, au-delà de cette amusante péripétie, il y a une leçon qui peut être tirée...
En ce bas monde, les trompeurs, menteurs, escrocs en tous genres abondent... et font de nombreuses victimes!
Les moyens de tromper sont multiples et l’ingéniosité des délinquants est sans limite ou presque.
Les pièges, slogans, publicités trompeuses, propositions, invitations, séductions et appels abondent!
Il faut beaucoup de prudence, de discernement, de réflexion et... de recul pour ne pas en être victime!
«Le clou de la fête» était une plaisante et une anodine mystification et plusieurs s’y sont laissé prendre volontairement!
La kermesse était un moment agréable de convivialité et d’entraide.
«Le clou de la fête» avait aussi une valeur pédagogique, éducative.
«Réfléchir avant d’agir», tel aurait pu être le conseil donné à tous.
La sagesse naît des enseignements reçus et des expériences réalisées au cours de l’existence,
mais elle est également accordée par «Celui qui connaît toutes choses» et la donne à qui la lui demande avec foi et humilité, dit la Bible.

 

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