«Nous avons vraiment ici un public très large, depuis des enfants de 6 ans jusqu’à des retraités qui ont du temps à consacrer à des loisirs et à du sport, en passant par des «actifs» qui viennent entre midi et 14H taper quelques balles pour se détendre ou s’entraîner… Quelques femmes aussi – bien qu’elles ne soient pas assez nombreuses à mon goût ! Et des gens de tous les profils sociaux, ce qui contribue également à l’intérêt de mon travail, avec une clientèle variée, des rencontres…»

Aline Le Flécher ne fréquente pas les greens par passion du golf… Même si elle connaît manifestement ce sport sur «le bout des doigts», d’emblée cette jeune femme dynamique l’avoue : elle ne tape pas elle-même dans la petite balle blanche, ni n’arpente le practise et le green les clubs en main.

Non, son domaine de prédilection, et celui où elle excelle de toute évidence, c’est l’accueil…

Aisance naturelle du geste et de la parole, convivialité sans artifice, abord franc et direct, regard clair aux yeux parfois parcourus par les lueurs d’un humour pétillant et malicieux, la jeune Bretonne sait établir le contact avec quiconque se présente, et mettre son interlocuteur à l’aise, sans aucune affectation, avec le ton et la manière justes.

Les réponses aux questions fusent de même au fil de l’entretien: directes, franches, concises et précises… Que le sujet soit le golf ou le tourisme, son domaine d’expertise.

En interviewant Aline Le Flécher en ce mois de juin, Regard d’Espérance a souhaité parcourir les chemins trop peu frayés et trop peu balisés du développement touristique en Centre-Bretagne – contrée riche de potentialités et d’actions trop méconnues en ce domaine– et remettre en évidence le dynamisme d’une activité sportive désormais solidement établie à Carhaix : le golf…

Un sport naguère souvent réputé élitiste mais qui s’est largement démocratisé ces dernières années, ici comme ailleurs, Carhaix Golf offrant l’un des seuls trois terrains existant dans l’ensemble de la Bretagne centrale, sur les 41 que compte la région.

 


Voudriez-vous vous présenter brièvement ?

«Je suis originaire de Meslan, près du Faouët, dans le Morbihan, et  j’habite à Landeleau. Je travaille au golf de Carhaix depuis un peu plus de 7 ans; depuis avril 2011, pour être précise.

Je m’occupe essentiellement de l’accueil, de la communication, un peu de l’administration… Un poste «multi-casquettes» pourrait-on dire.

Après mes études, et l’obtention d’un BTS «Vente et production touristique», j’ai travaillé en hôtellerie à Brest pendant une année.

Mes loisirs sont très classiques: la lecture, le cinéma… et les voyages surtout. J’aime beaucoup voyager.»

 

Une jeune femme responsable d’un golf… Voilà qui bouscule la représentation traditionnelle –«l’image d’épinal»– que beaucoup se font encore de ce sport autrefois réputé un peu élitiste et plutôt pratiqué par des messieurs d’âge mûr… Qu’est-ce qui vous a personnellement attirée vers le green ?

«Je ne pratique pas moi-même du tout le golf… mais j’ai bien l’intention de m’y mettre un jour! Quand je pourrai en prendre le temps.

Je ne m’y étais pas intéressée avant, et je suis arrivée ici un peu par hasard…

Mais ce qui me plaît dans le travail que je fais maintenant, c’est d’accueillir les gens qui viennent faire du golf, veiller à ce que le temps qu’ils passent ici se déroule le mieux possible, qu’ils soient satisfaits en sortant du golf, détendus et se sentant mieux en partant qu’ils ne se sentaient en arrivant…

J’ai toujours voulu faire un métier dans l’accueil, et c’est ce qui m’a conduite ici. Mais je n’avais non plus aucun préjugé à l’encontre du golf, et cette activité m’a finalement beaucoup plu !»

 

L’image du golf –et sa pratique, en réalité– ont évolué depuis quelques années: qui «joue au golf» aujourd’hui ?

«Nous avons vraiment ici un public très large, depuis des enfants de 6 ans jusqu’à des retraités qui ont du temps à consacrer à des loisirs et à du sport, en passant par des «actifs» qui viennent entre midi et 14 H taper quelques balles pour se détendre ou s’entraîner… Quelques femmes aussi –bien qu’elles ne soient pas assez nombreuses à mon goût! Et des gens de tous les profils sociaux, ce qui contribue également à l’intérêt de mon travail, avec une clientèle variée, des rencontres…

C’est d’ailleurs l’un des avantages du golf: on peut jouer ensemble, entre pratiquants qui n’ont pas le même niveau, le même âge… Un enfant de 6 ans peut jouer dans la même partie avec un retraité de 65 ans.»

 

Le golf a longtemps été considéré par le grand public comme une activité «de riches» – voire de «snobs»… Il semblerait que cette perception ait évolué chez le plus grand nombre. Toutefois certains le considèrent  encore comme «élitiste»… Pourquoi ce regard s’est-il attaché au «monde du golf» ? N’est-ce pas la faute –ou au contraire était-ce le désir– de certains de ses pratiquants du passé ?

«Le golf reste élitiste pour ceux qui le veulent. Certains golfs cultivent ce côté élitiste, c’est une réalité. Il existe des clubs très fermés… Mais beaucoup de petits golfs comme le nôtre se développent aujourd’hui, et notamment depuis que la France s’est vu confier l’accueil de la Ryder’s Cup, c’est-à-dire l’équivalent de la «Coupe du Monde» pour le golf. Elle aura lieu cette année à St-Quentin-en-Yvelines, au mois de septembre.

Pour démocratiser le golf, la Fédération Nationale a mis en place «Le plan des 100 petites structures»: la création de 100 petits golfs comme celui de Carhaix, qui soient le plus accessible possible à tous, afin de démocratiser la pratique de ce sport, d’en augmenter le nombre des licenciés…

L’on en est à un peu plus de 80 de ces «petits golfs» créés dans cette perspective.»

 

Le vocabulaire, certains mots utilisés, d’origine anglo-saxonne, ne contribuent-ils pas également à créer ce sentiment ? Ces anglicismes ne sont-ils qu’une survivance du passé, le golf étant né en terre britannique, ou ont-ils une autre connotation ?

«C’est effectivement le vocabulaire d’origine qui est resté… Mais pas plus que dans d’autres sports, comme le football, où les termes sont pour la plupart anglais eux aussi : goal, penalty, corner, tackle…

Nous essayons précisément de ne pas «noyer» les gens qui débutent par trop de termes techniques. Ils les acquièrent au fur et à mesure de leur progression dans la pratique du golf, et en viennent à les utiliser eux-mêmes facilement. Mais au début, l’on peut jouer au golf et parler du golf sans utiliser des termes techniques et britanniques…»

 

Que recherche le golfeur – ou les golfeurs – car les motivations ne sont peut-être pas toutes semblables ?

«Pour la grande majorité des pratiquants, c’est en premier lieu une activité de plein air, sportive, de détente…

C’est aussi trouver un peu de convivialité. Des rencontres ont lieu, des groupes se forment… Beaucoup de joueurs aiment à se retrouver entre amis. C’est un facteur de sociabilisation.

La majorité des pratiquants ne font pas de compétition, et considèrent le golf comme une activité de loisir.»

 

Quels sont les atouts que présente la pratique de ce sport – et les bénéfices que peuvent en retirer ses pratiquants – et à l’inverse, les risques qu’il peut présenter ?

«L’atout du golf c’est justement de pouvoir faire une activité sportive qui ne soit pas trop agressive pour le corps. Je pense notamment aux personnes qui ont déjà des problèmes aux épaules ou autres: des joueurs de tennis se mettent au golf, qui est moins agressif pour les articulations…

Il se dit que le golf est bon pour le cœur (etc.), et les bénéfices sont un peu les mêmes que ceux procurés par la marche de manière générale.

Seules les personnes qui ont des problèmes de dos doivent être plus particulièrement vigilantes, et il faut toujours s’échauffer un peu avant de frapper fort dans la balle, bien sûr!…  Sans quoi, attention aux courbatures, notamment!

Elles sont d’ailleurs assez souvent là au début, par exemple après avoir joué un seau de balle sur le practise. On ne s’en rend pas toujours compte sur le coup, mais le nombre de gestes effectués de façon répétitive est assez important! Et on le ressent le lendemain…»

 

Le golf est donc une véritable activité sportive, quoi qu’en disent ceux qui voudraient ne le considérer que comme un loisir un peu dilettante ?

«Oui ! Et il est redevenu sport olympique depuis 2016, après plus de soixante ans sans avoir pu faire partie des J.O…

Un parcours, même sur un petit golf à 9 trous comme celui de Carhaix, c’est environ une heure et quart de marche, et même s’il y a des pauses, cela peut se faire à un rythme assez soutenu.

Certains joueurs font plusieurs fois le parcours, et passent donc presque la journée à faire du sport…

Sur un golf de 18 trous, il faut compter cinq heures pour faire le parcours, ce qui est beaucoup! C’est d’ailleurs un des soucis du golf: ce sport est très chronophage !»

 

Une bonne condition physique est-elle nécessaire ?

«Pas spécialement. Il n’est pas nécessaire de pratiquer de l’exercice physique pour le faire. Certains joueurs font un autre sport à côté du golf, en complément –ou vice versa– et d’autres choisissent le golf parce qu’ils ne sont pas très intéressés par une activité sportive plus intensive ou plus «violente». C’est un sport doux, pourrait-on dire.»

 

Quelles qualités faut-il avoir ou développer pour le bien jouer ?

«Avant tout la capacité de concentration, et un mental solide… Et cette concentration doit être maintenue pendant des heures. En compétition, il ne faut «rien lâcher» pendant cinq heures.

En compétition, le golf exige ensuite malgré tout une bonne condition physique, et beaucoup, beaucoup d’entraînement!

Aujourd’hui, contrairement au passé, les joueurs professionnels ou de haut niveau suivent une préparation physique et mentale semblable à celle des professionnels de tous les sports. Ils ne font plus uniquement que du golf, comme c’était le cas auparavant. Cela se voit dans leur «ligne», qui est plus svelte que celle de certains des anciens golfeurs. Ils ont des programmes de musculation, des séances de kiné…»

 

Que peuvent en attendre les très jeunes, les très âgés, et les personnes de tous âges ?

«Pour les enfants, ce sport apprend précisément la concentration, la maîtrise de soi. Se focaliser sur cette petite balle blanche à envoyer dans un trou situé à une certaine distance, avec le geste adéquat à faire et à répéter, leur apprend à se contrôler, à canaliser leur énergie et leur influx nerveux…

Pour les personnes plus âgées, on retrouve un peu les mêmes exigences et bénéfices, avec en plus la détente de l’esprit, l’oubli des soucis, et l’apport d’un «sport doux»… C’est une balade en plein air, sympathique, avec un petit objectif de performance dans l’adresse, le mouvement…

L’âge moyen des pratiquants en France tourne autour des soixante ans, je crois. Ici, à Carhaix, il est d’un peu moins de 47 ans: nous avons beaucoup de jeunes à l’école du golf, ce qui abaisse l’âge moyen de nos licenciés.»

 

N’est-ce pas un sport onéreux ?… L’équipement, les prix d’entrées sur les terrains, notamment, le placent-ils à la portée de toutes les bourses ?

«Il peut être à la portée de toutes les bourses, comme il peut aussi être beaucoup plus cher si l’on veut un équipement «au top du top»…

A Carhaix, l’abonnement à l’année pour un adulte représente 39€ par mois, pour un accès illimité au parcours, tous les jours s’il le souhaite, puisque le golf est ouvert tous les jours de l’année, hormis les jours de Noël et le jour de l’an, et jusqu’à 19 H l’été.

Mais le prix des abonnements diffère évidement énormément selon les golfs. C’est là aussi que l’on retrouve cette notion d’élitisme que nous avons évoquée au début…

Pour l’équipement, on peut trouver de bons clubs d’occasion à moins de 100 € la demi-série (6 clubs différents), et plus pour des sets complets de clubs.

Mais nous conseillons de commencer par acheter une demi-série, ce qui suffit largement au départ.

Quant aux vêtements, hormis des chaussures de golf pour éviter d’abîmer les greens, rien de très spécifique n’est nécessaire… L’investissement est donc relativement peu élevé. On peut pratiquer pour pas très cher.»

 

Voudriez-vous rappeler, schématiquement, ce qu’est le golf: terrains, surfaces, obstacles aménagés… principales règles…?

«Commençons par la zone d’entraînement, que l’on appelle le Practise. C’est un peu l’équivalent d’un stand de tir: les joueurs achètent des jetons à l’accueil, et prennent des seaux contenant une trentaine de balles, dans lesquelles ils vont s’entraîner à taper, afin de les envoyer, si possible, là où ils le veulent… Les objectifs sont des «cibles» disposées sur le practise.

Ensuite, nous avons à Carhaix Golf deux greens d’entraînement, où les joueurs s’entraînent à mettre les balles dans les trous, «tout simplement».

Puis, il y a le parcours de 9 trous, composé d’une zone de départ, d’un Fairway –la partie principale du parcours, où le gazon est tondu assez ras; des Rough, sur les côtés, tondus un peu plus haut– où il faut éviter d’envoyer la balle; et enfin du green –tondu très ras– où se finit la partie: on fait rouler la balle pour l’amener dans le trou.

Le but est de passer d’un des 9 trous à l’autre successivement… des obstacles peuvent être aménagés sur le parcours pour corser un peu l’affaire: plans d’eau, fossés, ruisseaux, et «bunkers»: des trous remplis de sable…

En compétition, le but est de boucler le parcours en frappant un minimum de coups, chaque trou appartenant à une catégorie, appelée Parr : Parr 3, Parr 4, Parr 5 en fonction du nombre idéal de coups à frapper pour jouer le trou. Les scores sont donc calculés en fonction de ces parrs. En fait, plus la distance du trou est longue, plus le parr est grand…

Les terrains de golf ont des configurations et des reliefs très différents. Il y a de plus en plus d’impératifs à respecter pour la création d’un golf –notamment dans le respect de la biodiversité– mais l’aménagement du parcours est très libre, si bien que les terrains sont très divers. La plupart respectent l’état naturel du relief…

La fédération a une quotation, un système de notes, pour définir la difficulté du parcours, qui intervient aussi dans l’établissement des scores.»

 

Que peut-on conseiller à qui souhaite s’y lancer sans rien en connaître ?

«Dans un premier temps, suivre une initiation. Nous faisons assez souvent des «portes ouvertes» où l’on peut venir s’essayer au golf.

En dehors de celles-ci, pour 10€, on peut s’initier pendant une heure en étant accompagné par un professeur ou un bénévole du club, qui montre les différentes zones, et explique les bases du golf…

Le bouche à oreille fonctionne bien, et on trouve facilement des joueurs réguliers prêts à aider les nouveaux venus. L’entraide marche bien entre joueurs confirmés et débutants.

Pour le matériel, l’acquisition d’une «demi-série» neuve ou d’occasion, suffit pour débuter…»

 

La France est-elle un pays de golfeurs ?

«Pas assez! Si l’on compare avec l’Angleterre, l’écosse… 7 à 8% de la population britannique joue au golf, contre moins d’1% de la population française.

Ce n’est pas dans la culture française que d’aller jouer au golf, alors qu’en Angleterre la sortie du dimanche est souvent d’aller faire une partie de golf, comme nous allons faire une promenade!

Les terrains sont beaucoup plus nombreux qu’ici, bien sûr, et sont très accessibles: terrains communaux, terrains de clubs…

Ils permettent vraiment à tout le monde de jouer.

De manière générale, outre le Royaume-Uni, les pays anglo-saxons sont, historiquement et encore actuellement, ceux où le golf est le plus pratiqué: états-Unis, Canada, Afrique du sud…

En France, le premier golf a été ouvert en 1856, à Pau.»

 

Et la Bretagne… Est-elle une terre de golf ?

«Elle compte 41 golfs et 17500 licenciés; un chiffre en augmentation de 3% l’an dernier, d’après les chiffres officiels de la Ligue Régionale de golf. 

Ce sont surtout des «18 trous», et il y en a de très beaux. Mais la plupart de ces golfs sont situés sur la côte, puisque le Centre-Bretagne n’en a que trois: Carhaix, Bieuzy-les Eaux près de Pontivy, et le Lac-aux-Ducs à Ploërmel.

Le nombre de licenciés de la FFGolf –la Fédération Nationale– est stable, voire en légère baisse, mais la Ligue de Bretagne est donc une des rares régions à voir le sien en hausse!

La Bretagne s’en sort plutôt bien, y compris en compétition où nous avons de bons éléments, notamment parmi les jeunes.

Le Sud-Ouest et le Sud-Est de la France, et la région parisienne, sont les régions qui comptent le plus de golfs et de joueurs…»

 

Le golf de Carhaix a été ouvert  en 2005… 13 ans après, peut-on considérer son implantation comme une pleine réussite ?

«Oui, je pense ! Il continue à se développer année après année. En 2009, par exemple, nous étions passés en «9 trous compacts» après un réaménagement du parcours, et chaque année nous essayons d’en améliorer la qualité, et de l’allonger…»

 

Il a fallu aux fondateurs du golf de Carhaix beaucoup de volonté, d’engagement, de persévérance… Qui sont-ils et quels ont été leurs objectifs ou ligne d’action ?»

«Arrivés à Carhaix à la fin des années 1990, ils ont constaté l’absence de terrain de golf dans ce Centre-Ouest-Bretagne… Claude Prigent, qui golfait déjà en région parisienne, a voulu en créer un, pour faciliter la pratique de ce sport et pour la développer auprès des habitants de Carhaix et des villes voisines.

La volonté était de partager une passion pour ce sport, et de le démocratiser.

Le premier terrain a été ouvert en 2005, avec un parcours de 6 trous, ensuite porté à 9 trous, en 2009…

Parmi les premiers membres du club,  on peut citer Michel Hellequin, actuel Capitaine des jeux; Philippe Ramel, président de l’association; Erwan Brot, qui s’occupe de l’entretien du terrain depuis le début; Louis Rouzic, «responsable seniors»… Le bureau de l’association est encore aujourd’hui essentiellement composé des membres fondateurs du golf.»

 

Draine-t-il vers ses greens des joueurs venus d’ailleurs ?

«Nos 125 licenciés viennent de 20 à 30 kilomètres autour de Carhaix: Rostrenen, Huelgoat, Châteauneuf, Gourin…

Mais nos seniors ont établi une entente avec le club de Lanniron, près de Quimper, qui leur permet d’aller jouer à l’extérieur et de faire des compétitions, où ils sont plutôt bien placés.»

 

Comment son fonctionnement est-il organisé ?

«Hormis l’accueil des membres du club 363 jours par an, le golf est ouvert à tous : nous proposons des initiations ou des séances, par exemple, aux vacanciers du camping de la Vallée de l’Hyères, avec location de matériel pour des prix modiques: un forfait de 5 € pour le prêt du matériel et 2 jetons de practise, ce qui représente une demi-heure à trois-quarts d’heure de jeu.

Nous organisons une quinzaine de compétitions de club à l’année. Le 19 novembre dernier, nous avons accueilli le Championnat de Bretagne U10 et U12 –pour les jeunes joueurs de 10 à 12 ans– organisé par la Ligue de Bretagne de Golf. Jean-Luc Poulain, son président, et Tamara Page-Jones, conseillère technique régionale, étaient présents pour cette compétition officielle…»

 

Qu’en est-il des projets d’extension de 9 à 18 trous?

«Nous sommes actuellement au maximum du taux d’occupation du parcours, et nous aimerions pouvoir passer du statut de «9 trous compact» à un golf «9 trous classique»…

Avec un «compact», nos joueurs sont bloqués à un certain niveau de jeu, le golf ayant –un peu comme dans le tennis– tout un système de «handicaps».Vous commencez à 54, et meilleur vous êtes, plus vous descendez, jusqu’à atteindre zéro pour les meilleurs… Schématiquement, sur un golf comme celui de Carhaix, les joueurs ne peuvent pas descendre au-dessous de 26,5, en raison de la taille du parcours.

Il nous manque quelques centaines de mètres pour atteindre la taille du «9 trous classique», qui leur permettrait de descendre à zéro…

Ce serait suffisant, car nous n’aurions pas la clientèle pour un “18 trous”.»

 

L’entretien d’un tel espace, qui requiert beaucoup de soin,  doit être exigeant et difficile à assurer…?

«C’est énormément de travail : 16 hectares, dont 12 exploités, qu’il faut tondre, même si nous essayons de préserver des zones un peu «sauvages»…

En gros : les Fairways sont tondus une ou deux fois par semaine, les roughs une fois, et les greens tous les jours en période de pousse du gazon.

Erwan est seul à assurer ce gros travail d’entretien pour l’instant, aidé par un saisonnier en été.

L’hiver, les tontes s’espacent, mais le terrain continue à être entretenu, car les «mordus» jouent autant, notamment les anglophones, qui jouent par tous les temps, et sont nombreux au club; 45% de nos licenciés…»

 

Une autre de vos principales activités et des causes qui vous mobilisent est le développement touristique du Centre-Bretagne… Pourquoi cet engagement ?

«Ayant fait des études dans le tourisme, c’est un domaine qui me passionne toujours…

Avec Claude Prigent, nous nous sommes dit que le tourisme en Centre-Bretagne méritait d’être développé: beaucoup de choses s’y font, et méritent d’être connues, mais ne le sont pas suffisamment!

Nous avons donc créé en 2015, avec d’autres acteurs touristiques, une association, baptisée Mod All – cluster du tourisme vert et culturel en Centre-Bretagne. Mod All veut dire «autrement» en breton…

L’objectif est de se connaître les uns les autres, et de faire connaître les uns et les autres, dans une démarche de promotion mutuelle et réciproque, de se regrouper pour travailler ensemble, fédérer des entreprises et des associations pour créer des projets touristiques…

Le but est d’amener les touristes à demeurer le plus longtemps possible sur notre territoire, avant ou plutôt que de partir sur la côte !

Actuellement, Mod All regroupe une quinzaine d’adhérents.»

 

Quelles actions, quel travail entreprenez-vous en ce domaine ?

«Il s’agit, pour l’heure, essentiellement d’un travail de communication, d’information auprès des touristes, et d’échanges entre acteurs du tourisme sur les problématiques communes.

Nous avons aussi commencé à mettre en place des actions, des offres… Par exemple, des «packages» qui regroupent hébergement-restauration-activités, en association avec l’agence de voyage «Les Voyages d’émilie» à Carhaix…

Nous allons développer notre présence sur les réseaux sociaux. Et un film de promotion a été fait l’année dernière et largement diffusé.»

 

Quel constat ou prise de conscience a présidé à la création de ce groupe ?

«Le constat de l’existence de très nombreuses initiatives et entreprises dans le domaine de l’accueil touristique, mais fragmentées, isolées, peu ou mal connues du public et des autres acteurs de la filière…

Le C.R.T. (Comité Régional du Tourisme) a mis en place dix destinations touristiques sur la Bretagne, dont Kalon Breizh –cœur de Bretagne, qui occupe une très grande part de la Bretagne centrale–de Pleyben à Merdrignac et de Baud à Bourbriac !– à côté de destinations telles que Brest-Pays des Abers, Brocéliande, le Golfe du Morbihan…

Or, «Cœur de Bretagne» ne représente que 1% de toutes les nuitées  bretonnes… c’est tout dire! La marge de progression et d’action est importante. Nous sommes très loin du tourisme de masse.»

 

La Bretagne est devenue l’une des grandes régions touristiques de France… Mais le Centre-Bretagne paraît demeurer le parent pauvre de ce développement en comparaison de l’attraction exercée par la côte et la mer…?

«Oui, c’est évident. Mais j’espère que l’on pourra rééquilibrer la situation dans les années à venir! La Région met en place des opérations qui nous permettent de gagner en visibilité auprès des touristes. Il faut poursuivre l’effort, afin de parvenir à «fixer» chez nous un touriste qui reste surtout attiré par la mer et n’est donc ici souvent que de passage. Il ne faut pas travailler contre cela et contre la côte, mais avec et en complémentarité.»

 

Quels atouts notre contrée de l’Argoat peut-elle vraiment mettre en avant, et comment les valoriser et les faire connaître efficacement?

«Nous essayons de promouvoir le tourisme vert et culturel, qui est bien adapté au Centre-Bretagne et correspond à ses atouts: la nature, ses espaces préservés, des éléments comme le canal… randonnée, promenade, vélo, cyclotourisme, activités de loisirs de plein air, visites du patrimoine culturel (etc.) sont des aspects clés de ce tourisme.

Et les gens, les habitants, la qualité de l’accueil, la convivialité, la vie culturelle authentique, tels les Festoù Noz… sont un autre ensemble d’atouts reconnus du Centre-Bretagne.»

 

Où se situent aujourd’hui les principaux obstacles à un développement du tourisme en Bretagne intérieure ?

«Une grande partie du travail me semble devoir porter sur la communication, car l’offre est souvent là, et elle est riche, diversifiée, mais bien trop méconnue.

Notre problème est souvent un souci d’image. Celle d’un Centre-Bretagne un peu vide sur le plan de l’offre touristique, ce qui est totalement faux!

Les réseaux sociaux et l’accessibilité à l’information qu’ils permettent devraient, notamment, nous aider à surmonter ce handicap…»

 

Carhaix et le Kreiz Breizh ne manquent pas de richesses – historiques, naturelles, humaines…– susceptibles d’attirer de nombreux visiteurs… Qu’est-ce qui fait le plus défaut à notre contrée, pour qu’elle devienne réellement une terre d’accueil et de tourisme ?

«Davantage de travail en commun, ou encore: se mettre ensemble plutôt que de travailler chacun dans son coin… Et des choses très concrètes, basiques, comme une bonne signalétique pour ce qui existe, par exemple…

Encore une fois, beaucoup de choses existent, mais sont trop peu connues, et d’autres se mettent en place, ou pourraient l’être, par exemple pour continuer à développer l’offre dans la vallée de l’Hyères…»

 

Quelles nationalités sont actuellement les plus représentées parmi les touristes ? Quelles autres devraient être attirées ? Et comment le faire ?

«Britanniques, Hollandais, Allemands sont toujours les plus nombreux, mais aussi les Italiens et les Espagnols du côté de Pleyben où le patrimoine religieux les attire…

Comment attirer d’autres nationalités? Des Japonais, des Américains, des Chinois, autour de Synutra… Je ne saurais trop le dire… Je persiste à dire que la convivialité de l’accueil, la qualité de vie, le tourisme vert, l’aspect culturel authentique sont aujourd’hui nos atouts majeurs.»

 

Comment la population locale peut-elle prendre part à cet essor ?

«En s’investissant localement dans les associations qui rendent ce territoire vivant, ce pour quoi Carhaix est reconnu, par le nombre de ses associations et le dynamisme de leurs bénévoles.»

 

La saison touristique est à la porte. Quels sont vos espoirs et vos attentes pour cette année 2018 ?

«Une belle météo. Un bel été, enfin !… Car, quoi qu’on fasse, cela reste un élément essentiel pour la fréquentation touristique…

Et que se développe l’esprit de coopération, de mutualisation, d’entraide qui permet à tous ensemble et à chacun dans son activité d’être gagnant.

Je suis convaincue que la vague du tourisme vert et du tourisme culturel nous offre de belles possibilités.»

 


 

Télécharger l’interview au format PDF